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Comme une fleur dans le ventre

Comme une fleur dans le ventre
J'ai du mal à y croire. Le moment est arrivé. Ce moment qu'on attend pour toujours puis qu'on oublie qu'on l'attendais. On a l'impression qu'il n'arrivera jamais jusqu'à ce qu'il nous saute au visage pendant qu'on a le dos tourné. Il est malicieux, ce moment. Il ne crie pas gare, non. Il n'avertit de rien. Il m'a assailli, ce moment. Celui où les entrailles nous chicotent, où notre être a besoin de plus. Plus de quoi?

Une âme de plus.

Et pas n'importe où, cette âme. Dans notre ventre. Certaines savent de quoi je parlent, d'autres ne peuvent que se l'imaginer. On croit parfois être à ce point de notre vie lorsqu'on est adolescente mais on vieillit un peu et on réalise bien que c'est seulement un désir de ressentir ce besoin qui nous en forge un faux. Parce que le vrai sentiment est totalement et entièrement sans comparaison. C'est un feu qui s'allume en nous et qui brûle notre esprit et notre abdomen. On croise un jeune enfant et nos mains se portent d'elles-mêmes vers notre centre dans le désir d'y ressentir quelquechose, un renflement, une douce chaleur, quelquechose qu'on ne connait pas encore. Mais un quelquechose dont notre être a invariablement, intensément besoin.

La question ne se pose alors plus quant au désir ou non de porter des enfants. Lorsque ce sentiment de besoin s'épanouit en nous, la réponse est un «Oui!» crié vers le ciel. Étrangement, sans savoir ce que l'on peut ressentir à porter un enfant, notre certitude est immuable que ce sentiment est le plus beau sur terre. Plus doux que la caresse la plus tendre qu'on aura vécu, si grand qu'il ira étirer les barrières de l'infini et portera des larmes de bonheur à nos yeux. Nos fondations sont secouées par cette certitude et l'on se demande si ce n'est pas le souvenir lointain et enterré de l'amour de notre mère alors que nous n'étions pas encore de cette terre qui nous rend si certaines. Mais si la source de cette certitude est trop profondément enfouie, nous ne la questionnons néanmoins pas.

Que Dieu bénisse l'enfant que j'aurai un jour et m'aide à être patiente en attente de ce jour encore lointain.

Art par phoenixtears sur Deviant Art[\a].
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# Posté le mardi 13 janvier 2009 12:13

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